L’analyse du marché immobilier en cette fin d'année 2011 laisse apparaître une situation
tout à fait paradoxale.
D’un côté, la lecture des chiffres nous inciterait à développer un discours plutôt rassurant :
Des mises en vente et des ventes de logements neufs en progression significative sur
l’ensemble des agglomérations,
Un marché de l’ancien stable, voire en évolution positive, notamment dans les agglomérations
antiboise, niçoise, et surtout cannoise,
Des prix de vente relativement maîtrisés dans le neuf comme dans la revente.
D’un autre côté, les récentes annonces gouvernementales nous pousseraient à observer la
plus grande prudence à court et moyen termes sur l’évolution de notre secteur.
Parmi les dispositifs qui impacteront directement et très négativement la construction, nous
pouvons citer :
La disparition de l’avantage Scellier à la fin de l’année 2012, dispositif à l’origine de
60% des ventes immobilières neuves dans notre département au cours de ces dernières
années,
La fin, dès février 2012, de l’exonération totale des plus values immobilières des résidences
locatives et secondaires au bout de 15 ans de détention, avec un risque de
fort ralentissement du marché de la revente, et par voie de conséquence, une chute
prévisible du volume des travaux de rénovation du bâtiment,
La nouvelle réduction de 20 % du crédit d’impôt «Développement Durable » qui porte
un nouveau coup aux entreprises du bâtiment qui ont investi et qui se sont spécialisées
dans les activités liées aux économies d’énergie.
Enfin, dans une moindre mesure, le relèvement à 7 % du taux réduit de TVA pour les
travaux de rénovation et d’entretien, décision qui, une nouvelle fois, tend à accroître la
concurrence déloyale exercée par les auto-entrepreneurs, positionnés sur le marché
de nos entreprises artisanales.
Face à ces mesures pour le moins perturbantes, l’avenir de notre secteur est clairement
menacé.
Il est temps que nos gouvernants se rendent compte que le rééquilibrage des comptes publics,
objectif au demeurant parfaitement légitime, ne pourra être réalisé au détriment de
l’activité économique du BTP, créatrice de richesse et d’emplois à la fois pérennes et non
délocalisables.